
Des navires attendent patiemment le feu vert iranien, tandis que l’enjeu du détroit d’Ormuz devient le nouveau théâtre de négociations entre Téhéran et l’Europe.
Depuis le 15 mai 2026, l’Iran bloque le passage du détroit d’Ormuz, une route qui assure habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole. Cette fermeture perturbe les marchés et confère à Téhéran un levier stratégique majeur. Selon la télévision d’État iranienne, après le transit de navires en provenance de Chine, du Japon et du Pakistan, « nous avons reçu aujourd’hui des informations selon lesquelles des Européens ont entamé des négociations avec la marine des Gardiens de la révolution » pour franchir le passage, sans préciser les pays concernés.
Le président de la commission parlementaire sur la sécurité nationale, Ebrahim Azizi, a annoncé la mise en place d’un « mécanisme professionnel de gestion du trafic », qui sera bientôt opérationnel. Il a précisé que :
« Dans ce processus, seuls les navires commerciaux et les parties coopérant avec l’Iran en bénéficieront, les frais nécessaires seront perçus pour les services spécialisés. »
Il a ajouté que la voie resterait fermée aux opérateurs du projet dit de « liberté », référence à l’opération militaire américaine temporaire destinée à guider les navires bloqués.
Par ailleurs, l’Iran a déjà autorisé le passage de plus de 30 navires chinois dans le détroit, soulignant le rôle de la Chine comme principal importateur de son pétrole. Malgré le cessez‑le‑feu fragile instauré le 8 avril, les États‑Unis maintiennent leur blocus des ports iraniens, accentuant la pression diplomatique.
Cette conjonction de négociations européennes, de mécanismes de trafic iranien et de la persistance du blocus américain montre que le détroit d’Ormuz reste le point de bascule du commerce pétrolier mondial, où chaque décision pourra redessiner l’équilibre des forces au Moyen‑Orient.
L’avenir du commerce mondial dépend désormais du prochain accord signé entre l’Iran et ses partenaires européens.