
Les propos du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, prononcés lors d’une conférence sur la souveraineté africaine à Dakar, ont ravivé le débat sur l’ingérence étrangère sur le continent.
Devant le Musée des Civilisations Noires, Sonko a exhorté les dirigeants africains à « prendre conscience » d’éventuelles ambitions coloniales des puissances extérieures. Il a souligné que la France ne pourra rester un partenaire crédible que si elle « comprend et écoute la voix de l’Afrique ».
« Qu’est‑ce qui empêcherait demain une puissance de se dire : « je reviens recoloniser l’Afrique ou le Sénégal parce que j’ai besoin de leurs ressources naturelles »… Les Africains doivent prendre conscience de la situation. »
Interpellant également le rôle d’Israël dans les tensions actuelles du Moyen‑Orient, Sonko a déclaré que le pays, compte tenu de sa taille géographique et démographique, ne peut se considérer comme une puissance régionale. Selon lui, Israël agit essentiellement comme une « puissance par procuration » des États‑Unis.
« Israël est un énième État des États‑Unis, en réalité c’est une puissance par procuration. »
Il a en outre qualifié l’ancien président américain Donald Trump d’« homme de déstabilisation du monde », affirmant que la sécurité et la paix globale se sont détériorées depuis son arrivée au pouvoir.
Ces remarques, relayées par plusieurs agences de presse, soulignent la volonté de Sonko de repositionner l’Afrique comme acteur souverain, tout en dénonçant ce qu’il perçoit comme une dépendance persistante vis‑à‑vis de puissances occidentales et de leurs alliés. Le discours a suscité des réactions contrastées, certains le saluant comme un appel à la vigilance, d’autres le critiquant pour ses généralisations sur les États‑Unis et leurs partenaires.
L’enjeu reste de savoir si ces avertissements déclencheront une réelle prise de distance stratégique de la part des pays africains ou resteront de simples paroles dans le tumulte géopolitique mondial.