
La vague de plus de 100 navires chinois qui sillonnent les eaux du Mer Jaune jusqu’à la Mer de Chine méridionale et le Pacifique occidental a fait trembler Taipei : c’est le plus grand déploiement observé depuis plusieurs mois, et il survient immédiatement après la visite d’État de Donald Trump à Pékin.
Le chef du Conseil de sécurité nationale de Taïwan, Joseph Wu, a publié sur X une carte datée du 23 mai montrant l’arc maritime où se trouvent les navires de la marine, de la garde côtière et même des engins de recherche scientifique. Dans son post, il a déclaré :
« Dans cette partie du monde, la Chine est le seul problème qui détruit le statu‑quo et menace la paix et la stabilité régionales. »
Selon un fonctionnaire taïwanais anonyme, les premiers navires avaient déjà été repérés avant le sommet de Beijing, mais le nombre a grimpé à plus de cent dans les jours qui ont suivi la rencontre entre Trump et Xi Jinping.
Le même jour, le président américain a été interrogé sur les ventes d’armes à Taïwan. Il a répondu :
« Je parlerai avec lui. Je parle à tout le monde, » puis a ajouté qu’il avait eu « une excellente réunion » avec Xi et que « nous travaillerons sur le problème de Taïwan. »
Taïwan, qui dépend fortement du soutien militaire américain pour dissuader une éventuelle agression, a réaffirmé que la politique américaine n’a pas changé et que les ventes d’armes restent une composante de l’engagement de Washington envers l’île.
La montée en puissance navale de la Chine — incluant des exercices réguliers près de Taïwan et des déploiements d’avions de combat — renforce les inquiétudes quant à la stabilité de l’archipel du premier cordon insulaire. Alors que Pékin ne commente pas officiellement la raison de ce mouvement, l’accumulation de forces montre clairement une volonté de projeter sa puissance en réponse aux dialogues sino‑américains.
Cette démonstration de force maritime, combinée aux propos musclés de Washington, laisse présager une période de tension accrue dans une zone déjà très sensible.
Le prochain acte de cette scène géopolitique reste incertain, mais l’enjeu – le futur statut de Taïwan – ne fait que se préciser.