Le procès en appel qui oppose Nicolas Sarkozy à la justice française reprend les débats sur le financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007, après une première condamnation à cinq ans de prison.
Depuis le 16 mars 2026, la cour d’appel de Paris réexamine les faits qui ont conduit à la décision de première instance. Le tribunal se penche particulièrement sur deux voyages en Libye réalisés en 2005 par les anciens ministres Claude Guéant et Brice Hortefeux. Lors de ces déplacements, les deux hommes ont rencontré Abdallah Senoussi, le beau‑frère de l’ex‑président, condamné à perpétuité pour son rôle dans l’attentat contre le vol DC‑10 d’UTA en 1999.
Les enquêteurs cherchent à déterminer si ces rencontres ont servi à obtenir, en échange, des fonds libyens pour la campagne de Sarkozy. Le médiateur de la procédure, Ziad Takieddine, est évoqué comme « intermédiaire », mais l’ex‑président le décrit comme un « menteur » payé par Senoussi.
Lors de son audition du mardi 7 avril 2026, Sarkozy a vigoureusement nié toute implication financière libyenne et a imputé la faute à ses deux anciens collaborateurs :
« Je le dirai jusqu’à mon dernier souffle parce que c’est la vérité. »
Il a ajouté que ni Guéant ni Hortefeux n’avaient le droit de rencontrer Senoussi et que leurs actions constituaient une « faute ». Selon lui, il avait été invité par le colonel Kadhafi uniquement pour discuter de la « gestion des frontières et des flux migratoires », sans aucune discussion financière.
Le président de la cour d’appel, Olivier Géron, a rappelé que le dossier comporte également des témoignages de l’ancien chef des services de renseignement libyen, Moussa Koussa, affirmant que Tripoli aurait financé la campagne. Le tribunal n’a pas encore tranché sur la véracité de ces allégations.
Si la cour confirme la première condamnation, Sarkozy pourrait voir son mandat de prison confirmé, aggravant une situation déjà politique et médiatique très sensible. La procédure se poursuit cette semaine, et les juges devront déterminer si les rencontres de 2005 constituent une preuve suffisante d’un financement illicite ou s’il s’agit simplement d’une « erreur » de ses proches.
Le verdict final, attendu dans les prochains mois, décidera du sort d’un ancien président qui continue de clamer son innocence jusqu’au bout.