
La situation sanitaire en République démocratique du Congo (RDC) devient critique alors qu'une épidémie d'Ebola, identifiée comme la souche rare Bundibugyo, continue de se propager. Depuis la déclaration officielle de l'épidémie le 15 mai, le personnel médical est frappé de plein fouet par le virus.
Selon Marie Roseline Belizaire, directrice des urgences à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 75 travailleurs de la santé ont été infectés par Ebola, et 17 d'entre eux ont succombé à la maladie. Ces professionnels étaient déjà en première ligne bien avant la reconnaissance officielle de l'épidémie, le virus circulant secrètement depuis des mois.
Le manque crucial d'équipements de protection de base, tels que des gants et des masques, exacerbe les risques. La RDC dispose de l'un des ratios les plus faibles au monde, avec environ 11 agents de santé pour 10 000 habitants. Pour soutenir les efforts nationaux, la Chine et l'Ouganda ont entrepris d'envoyer des équipes médicales en renfort.
Les sources présentent des chiffres divergents concernant le bilan global de l'épidémie. Alors que certains rapports indiquent que l'épidémie a fait 232 morts et 896 cas confirmés dans 31 zones de santé, d'autres sources évoquent près de 900 cas confirmés. Les autorités n'ont pas encore harmonisé ces données.
L'épidémie s'étend désormais aux camps de personnes déplacées, où la promiscuité et le manque d'hygiène entravent la riposte. Dans le camp de Kigonze, situé dans la province de l'Ituri, au moins 30 décès ont été enregistrés depuis début mai. Si les causes officielles restent à confirmer en raison de résistances aux tests, les symptômes observés — fièvres, maux de tête et vomissements — font craindre une propagation rapide parmi les 5 millions de personnes déplacées dans l'est du pays.
La situation financière complique davantage la réponse humanitaire, les appels aux dons étant largement sous-financés. Face à la détresse psychologique des équipes médicales, Marie Roseline Belizaire a exprimé une vive émotion : « Lorsqu'ils vous expliquent comment ils le vivent, comment ils ont été infectés… cela peut vous briser le cœur. »
Alors que les autorités préviennent que le pic de l'épidémie n'a pas encore été atteint, la fragilité du système de santé congolais demeure le principal défi dans cette lutte contre la propagation du virus.