
Lorsque le président chinois Xi Jinping a posé le pied à Pyongyang, une foule en liesse, un tapis rouge et des drapeaux chinois et nord‑coréens ont transformé l’aéroport en un véritable théâtre de l’alliance historique.
Cette visite, la première du chef d’État depuis 2019, intervient après que Xi a reçu Donald Trump et Vladimir Poutine à Pékin, alors que les pourparlers nucléaires entre Washington et la Corée du Nord restent dans l’impasse. Le Bureau de la Maison-Blanche a rappelé que, lors du sommet sino‑américain, les deux présidents ont « confirmé leur objectif commun de dénucléariser la Corée du Nord ».
Dans un discours publié dans le quotidien officiel nord‑coréen Rodong Sinmun, Xi a qualifié la relation « invincible » :
« Peu importe l’évolution des temps ou la situation internationale, l’amitié traditionnelle entre la Chine et la Corée du Nord reste toujours invincible. »
Il a également déclaré que les deux pays « se tiennent à un nouveau point de départ historique », soulignant une volonté de « porter de nouvelles missions du temps ».
Le professeur en diplomatie Minseon Ku (DePaul University) estime que la Chine a probablement « accepté la Corée du Nord comme un État nucléaire », mais que « Xi va probablement dire à Kim que la Chine veut avant tout la stabilité ».
Le chercheur Seong‑Hyon Lee (Harvard Asia Center) ajoute que Pékin privilégie désormais la « durabilité du régime » plutôt que la pression pour la dénucléarisation, car un État voisin fortement armé constitue un « rempart » contre les intérêts militaires des États‑Unis dans la région.
Les discussions pourraient porter sur la reprise du tourisme chinois en Corée du Nord, la mise en service d’un pont inactif sur le fleuve Yalu et le développement de projets frontaliers communs. En même temps, l’absence du terme « dé nucléarisation » dans le communiqué du ministre chinois Wang Yi, lors de sa visite en avril, suggère que Pékin accepte tacitement le statut nucléaire de Pyongyang.
En résumé, le voyage de Xi à Pyongyang n’est pas seulement un spectacle de protocole : il marque une réorientation stratégique de la Chine, qui cherche à consolider son rôle de principal allié de la Corée du Nord tout en sécurisant un tampon stable face à l’influence américaine.
Le prochain chapitre de cette alliance restera à surveiller de près.