
Les rues de La Havane vibrent d’une inquiétude nouvelle : le gouvernement cubain a commencé à remettre des armes aux civils, prévenant la population d’une possible invasion étrangère.
Selon le quotidien sud‑américain Version Final, la décision intervient « dans le contexte du déploiement de la puissance militaire américaine près de l’île ». Des armes de petit calibre seraient ainsi distribuées dans tout le pays, et les autorités auraient demandé aux habitants de se préparer à un scénario de guerre. Le porte‑parole cubain, le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez Parrilla, a dénoncé le discours du secrétaire d’État américain Marco Rubio du 22 mai, le qualifiant de provocation délibérée contre Cuba. Le président Miguel Díaz‑Canel a ajouté que les sanctions récentes visaient à « resserrer le blocus et à aggraver les tensions avec Washington ».
« Dans le bâtiment d’État où se trouvent nos bureaux principaux, un administrateur nous a demandé si nous aurions besoin du bureau pendant l’invasion », déclare le correspondant de CNN Patrick Oppmann.
Le président Donald Trump, le 4 juin, a affirmé que les États‑Unis cherchaient à « réformer le système étatique cubain ». Il a même plaisanté le 5 juin en évoquant le passage de la porte‑avions USS Abraham Lincoln « au retour d’Iran », suggérant que la flotte se placerait à 100 mètres du littoral cubain pour forcer une reddition. Le 5 juin également, le département du Trésor a sanctionné des proches de l’ancien dirigeant Raúl Castro, ce que le gouvernement cubain a qualifié de nouvelle escalade.
Parallèlement, La Havane nie l’achat de 300 drones destinés à des attaques contre des installations américaines, dénonçant ces accusations comme un prétexte à de nouvelles sanctions et à une éventuelle agression militaire.
Alors que les discussions s’intensifient dans les couloirs du pouvoir, la population cubaine se trouve au cœur d’une mobilisation inhabituelle, entre préparation civile et spectre d’une confrontation internationale.
Le prochain chapitre reste incertain : la diffusion des armes pourrait soit dissuader, soit précipiter le conflit que les deux nations redoutent.