Le président Donald Trump fait face à une opposition croissante au Congrès concernant le conflit militaire en Iran, qui dure depuis près de trois mois. Des votes récents au Sénat et à la Chambre des représentants marquent une contestation inhabituelle, alimentée par des défections au sein même du parti présidentiel et une lassitude publique grandissante.
Bien que le président dispose d'un droit de veto quasi certain, ces initiatives législatives visent à restreindre ses pouvoirs de guerre. Récemment, le Sénat a fait avancer une mesure de contrôle grâce à des absences dans les rangs républicains. À la Chambre, malgré la volonté du président de la Chambre, Mike Johnson, de faire échouer le projet, la dynamique semble évoluer.
Le sénateur Tim Kaine (D-Va.), l'un des organisateurs de la mesure, a déclaré : « Le constat aujourd'hui, c'est que les membres républicains sont de plus en plus nombreux à dire : "Vous ne pouvez pas mener cette guerre sans nous." »
De son côté, la sénatrice Lisa Murkowski (R-Alaska), l'une des quatre républicains à s'être dissociée de la ligne du parti sur ce dossier, a souligné la tension ambiante : « Peut-être qu'il pense ne pas avoir besoin de nous. Mais, la dernière fois que j'ai vérifié, les lois ne tombent pas toutes seules sur son bureau pour être signées. »
Parallèlement à ces manœuvres politiques, l'incertitude entourant le conflit influence les marchés financiers. Le président Trump a récemment affirmé que les États-Unis étaient dans les « étapes finales » des efforts diplomatiques, provoquant une hausse des cours de l'or et une détente sur les rendements obligataires.
Le cours de l'or a progressé de 1,6 % suite aux déclarations du président sur l'Iran, tandis que le prix du pétrole a montré des signes de repli.
Toutefois, les analystes restent prudents. Si un accord pourrait réduire les pressions inflationnistes liées aux prix de l'énergie, les investisseurs s'interrogent sur la pérennité de ces mouvements. Certains experts du secteur énergétique suggèrent que les entreprises d'infrastructure, moins sensibles aux fluctuations immédiates des prix du brut, pourraient représenter un refuge plus stable que les producteurs directs.
À l'approche des élections de mi-mandat, la combinaison de la hausse des prix du carburant et de l'impopularité de l'intervention militaire continue de fragiliser la position de la Maison-Blanche, forçant le président à gérer une crise politique sur deux fronts : à Washington et sur le plan économique.