
Un juge fédéral a ordonné à l'administration Trump de rétablir les panneaux et expositions dans les parcs nationaux qui avaient été modifiés ou supprimés en vertu d'un décret présidentiel controversé. Cette décision, rendue par la juge Angel Kelley, exige que les sites retrouvent leur état initial d'ici le 3 juillet.
La décision fait suite à une plainte déposée en février par un groupe d'organisations de conservation et d'histoire, qui accusaient le gouvernement de chercher à « réécrire l'histoire nationale avec un stylo correcteur ». La juge Kelley a fermement critiqué cette politique dans sa décision de 63 pages :
« Sous couvert de promouvoir la dignité américaine, cette administration cherche à partager une histoire limitée en ordonnant le retrait de tous les panneaux, affichages et expositions interprétatives dans les parcs nationaux qui ne s'alignent pas sur son récit privilégié, colportant ainsi des demi-vérités. »
Selon les documents judiciaires, au moins 45 panneaux traitant de sujets variés — incluant le changement climatique, l'esclavage, l'histoire du travail et l'histoire des peuples autochtones — ont été altérés ou retirés. Parmi les cas cités figure l'exposition sur l'esclavage à la President’s House de Philadelphie, ainsi que le retrait de panneaux à Grand Teton et au Fort Sumter National Monument.
En plus de l'injonction de rétablissement, l'administration doit désormais soumettre un rapport hebdomadaire détaillant les progrès réalisés sur ces changements. La juge a également bloqué toute modification supplémentaire des expositions dans les parcs nationaux jusqu'à nouvel ordre.
De son côté, le ministère de l'Intérieur a vivement réagi à ce jugement, qualifiant la magistrate de « juge militante libérale ». Un porte-parole a indiqué que le ministère examinait ses options pour faire appel de cette décision.
Pour les plaignants, cette ordonnance constitue une victoire majeure. Alan Spears, de la National Parks Conservation Association, a salué cette décision, soulignant que les parcs appartiennent au peuple américain et que toute forme de censure contrevient aux valeurs qu'ils représentent. Cette affaire cristallise désormais les tensions entourant la préservation de l'histoire et la liberté d'interprétation scientifique au sein des lieux publics fédéraux.