
Apple a récemment annoncé que son nouvel assistant vocal dopé à l'intelligence artificielle ne sera pas lancé dans l'Union européenne sur iPhone et iPad lors de la sortie d'iOS 27 et iPadOS 27. La firme de Cupertino justifie cette décision par les contraintes d'interopérabilité imposées par le Digital Markets Act (DMA), estimant que ces exigences compromettent la confidentialité et la sécurité de ses utilisateurs.
La Commission européenne rejette fermement cette explication. Thomas Regnier, porte-parole de la Commission, a publiquement contredit la position d'Apple, affirmant que le blocage est un choix propre à l'entreprise. Selon les autorités européennes, le groupe aurait tenté d'obtenir une exemption de dix-huit mois à ses obligations légales au lieu de proposer des solutions techniques conformes au DMA.
Apple soutient avoir proposé un mécanisme interne, le « Trusted System Agent », afin d'assurer l'interopérabilité tout en respectant ses normes de sécurité, mais affirme que toutes ses propositions ont été rejetées par les régulateurs. La Commission européenne dément cette lecture, soulignant qu'aucune solution conforme aux exigences de protection de la vie privée n'a été présentée.
Cette restriction ne concerne que l'iPhone et l'iPad, des terminaux considérés comme des points d'accès stratégiques sous le coup du règlement européen. En revanche, le nouvel assistant restera disponible sur macOS, visionOS et watchOS, ces plateformes n'étant pas soumises aux mêmes contraintes réglementaires.
Pour l'heure, aucun calendrier de déploiement n'a été communiqué pour les utilisateurs européens sur les systèmes mobiles concernés. Alors qu'Apple se dit « profondément déçu » par la situation, le régulateur européen insiste sur le fait que le DMA n'a pas pour vocation d'interdire les nouveaux produits, mais d'empêcher les contrôleurs d'accès de favoriser indûment leurs propres services au détriment de la concurrence.
Ce bras de fer illustre les tensions croissantes entre les exigences d'ouverture des écosystèmes numériques et la volonté des géants technologiques de préserver le contrôle sur leurs architectures fermées au nom de la sécurité. L'issue de ce dossier pourrait définir les conditions d'intégration future des technologies d'intelligence artificielle sur le marché européen.