Après avoir annoncé qu’Israël allait frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth en représailles à des drones, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a finalement renoncé à l’opération suite à un appel de Donald Trump.
Le soir du 22 mai, après une conversation téléphonique avec Trump, les forces israéliennes n’ont pas lancé le raid prévu. Le président américain a déclaré sur son compte Truth Social :
« [Le Hezbollah] a accepté d’arrêter de tirer sur Israël et ses soldats. De même, Israël a accepté d’arrêter de tirer sur eux. Voyons combien de temps cela durera – j’espère que ce sera pour ÉTERNITÉ ! »
Trump a qualifié l’action israélienne d’une « raide majeure » et a insisté pour que les troupes soient « re‑tournées ». L’intervention américaine intervient alors que l’Iran, par le biais de médias affiliés à l’État, signale la suspension de ses pourparlers avec Washington sur l’extension d’un cesse‑feu, exigeant que toute prolongation inclue un arrêt des hostilités entre Israël et le Hezbollah.
La décision de Netanyahu a déclenché une vague de critiques au sein du spectre politique. Naftali Bennett, ancien Premier ministre, l’accuse de « perdre le contrôle de la souveraineté israélienne ». Yair Lapid, chef du parti Yesh Atid, le qualifie de « État vassal ». Le leader du parti centriste Yashar, Gadi Eisenkot, a écrit :
« Jamais un Premier ministre israélien n’a accepté une demande aussi humiliante. »
Même au sein de la coalition, Itamar Ben‑Gvir, ministre de la Sécurité nationale, a exhorté Netanyahu à ignorer la demande de Trump et à intensifier les frappes contre le Hezbollah, affirmant que « un vrai premier ministre dit « oui » ou « non » au président des États‑Unis selon le besoin. »
Malgré l’arrêt du raid, les combats se poursuivent. L’armée israélienne a mené des frappes aériennes dans le sud du Liban, notamment sur les villes de Jebchit et Ansar, tandis que le Hezbollah continue de viser les troupes israéliennes près du village libanais de Hadatha.
Le retrait de l’offensive marque un tournant diplomatique délicat, laissant planer l’incertitude sur la stabilité du cesse‑feu d’avril et sur la capacité d’Israël à répondre aux menaces du Hezbollah sans l’appui explicite des États‑Unis.
Le prochain mouvement de Netanyahu pourrait bien définir la frontière entre souveraineté nationale et influence étrangère.