
Le 20 mai, la Knesset a voté à main levée la dissolution de la 25e Knesset, ouvrant la porte à des élections législatives anticipées – une manœuvre qui pourrait bien redessiner le paysage politique israélien.
Sur les 120 députés en place, 110 ont approuvé le projet de loi présenté par la coalition au pouvoir, dirigée par le Premier ministre Benyamin Netanyahou. Le texte précise :
« La 25e Knesset sera dissoute avant la fin de son mandat. Les élections (en vue de constituer la prochaine assemblée) auront lieu à la date fixée (en commission) qui ne pourra être inférieure à 90 jours après l’adoption de cette loi. »
Netanyahou, 76 ans, a récemment subi une opération pour un cancer de la prostate et porte le poids d’un long procès de corruption, tout en espérant une grâce présidentielle. Son initiative intervient alors que son gouvernement était menacé par les partis ultra‑orthodoxes, qui le pressaient de faire voter une loi exonérant les étudiants de yeshivot du service militaire obligatoire.
Le calendrier fixé par la loi place les élections au plus tôt à la fin du mois d’août. Un sondage diffusé début mai par la chaîne publique KAN place le Likud légèrement en tête des intentions de vote, suivi de près par Beyahad (« Ensemble »), coalition d’opposition formée par Yair Lapid et l’ancien Premier ministre Naftali Bennett. Aucun des deux blocs ne semble aujourd’hui capable de former un gouvernement stable, la fragmentation de l’électorat rendant toute majorité difficile à atteindre.
Cette dissolution contrôlée laisse donc le pays à l’aube d’un nouveau cycle électoral, où le sort du leader le plus ancien d’Israël et la capacité des forces d’opposition à s’unir détermineront l’avenir immédiat du gouvernement.
Le suspense est lancé : la prochaine Knesset décidera si Netanyahou pourra conclure son « dernier mandat », ou si un vent de changement balayera la scène politique israélienne.