Le projet de financement d’un fonds de 1,776 milliards $ destiné à « compenser les victimes d’une « weaponisation » du système judiciaire », annoncé à la suite du règlement d’une plainte du président Trump contre l’IRS, a déclenché une crise au sein du Congrès et a fait échouer le vote d’un paquet de financement crucial pour l’immigration.
Le fonds, créé par le département de Justice sous l’égide de l’avocat général par intérim Todd Blanche, doit être géré par une commission de cinq membres, dont un choisi en « consultation avec la direction du Congrès ». Aucun critère partisan ne serait requis pour déposer une demande, ouvrant ainsi la porte aux alliés de Trump et à certains bénéficiaires de grâce après le 6 janvier. Dès son annonce, les sénateurs républicains – Susan Collins, Tommy Tuberville, Bill Cassidy – ont exprimé de fortes réserves, affirmant ne pas comprendre comment le fonds serait contrôlé et qui pourrait en profiter.
« Le fonds anti‑weaponisation ne doit pas récompenser ceux qui attaquent la police », a déclaré Tuberville après la réunion, rappelant que Blanche avait indiqué que les agresseurs des forces de l’ordre ne seraient pas indemnisés.
Les démocrates, menés par le leader de la minorité Chuck Schumer, l’ont qualifié de « slush‑fund », menaçant de déposer des amendements pour le bloquer.
Le différend a contraint le Sénat à reporter le vote du projet de loi de 72 milliards $ de réconciliation, qui devait financer l’ICE et le Border Patrol pendant trois ans. Le texte incluait également 1 milliard $ pour la sécurité du Service secret et la construction d’une grande salle de bal dans l’aile Est de la Maison-Blanche, projet jugé non conforme aux règles de réconciliation par le parlementaire du Sénat.
Le Congrès entre maintenant en pause pour le week‑end du Memorial Day, repoussant ainsi le délai imposé par le président Trump de déposer la loi d’ici le 1 juin. Le leader majoritaire du Sénat, John Thune, a indiqué que les sénateurs reprendront les travaux à leur retour, mais a reconnu que « l’affaire du fonds a rendu le parcours beaucoup plus compliqué que prévu ».
La situation laisse présager de nouvelles négociations et possiblement des amendements controversés avant que le financement de l’immigration ne puisse finalement avancer.