Les forces de sécurité d’Israël et de Russie viennent d’être inscrites sur la liste noire de l’ONU recensant les groupes accusés de violences sexuelles liées aux conflits, un signal fort d’escalade alors que les Nations unies dénoncent une hausse « nette » de ces crimes en 2025.
Le rapport annuel de l’ONU, présenté à l’AFP avant d’être transmis au Conseil de sécurité, indique que les enquêteurs font face à un refus d’accès persistant aux sites de détention israéliens et russes. Malgré ces obstacles, les données collectées montrent :
| Région | Période couverte | Victimes confirmées | Types de violences |
|---|---|---|---|
| Gaza et Cisjordanie (Israël) | 2023‑2025 | 14 hommes, 7 femmes, 9 garçons, 1 fille | Viol avec objet, viol collectif, atteintes génitales, nudité forcée, fouilles arbitraires |
| Territoires occupés d’Ukraine (Russie) | 2022‑2025 | 310 victimes (majoritairement hommes) | Viol, mutilations génitales, chocs électriques, torture |
Le rapport précise que les cas identifiés ne sont pas exhaustifs, le manque d’accès aux centres de détention limitant la portée des investigations.
L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, a qualifié la décision « honteuse et absurde » et a annoncé le gel des relations avec le bureau du Secrétaire général Antonio Guterres jusqu’au 31 décembre 2026. Il a déclaré :
« Nous en avons fini avec ce secrétaire‑général. »
Israël conteste également les accusations de refus de coopération, affirmant que les inspecteurs de l’ONU auraient été invités à enquêter mais auraient décliné l’offre.
Du côté russe, le même rapport souligne 310 cas de violences sexuelles perpétrées par les forces armées et les services pénitentiaires, principalement contre des prisonniers de guerre libérés. Le gouvernement russe n’est pas mentionné comme étant sur la liste, mais l’ampleur des faits alimente les critiques internationales.
L’ONU déplore une progression marquée des violences sexuelles en 2025, surtout dirigées contre les femmes et les filles, et rappelle que d’autres pays, comme l’Ukraine, bien que non inscrits sur la liste, font l’objet de signalements (31 cas imputés aux forces de sécurité ukrainiennes avant 2025). La communauté internationale se retrouve face à un défi majeur : garantir l’accès des enquêteurs pour documenter et prévenir ces crimes, sous peine de voir la liste noire s’allonger davantage.
Le prochain examen du Conseil de sécurité déterminera si des sanctions supplémentaires seront envisagées, alors que la pression sur les deux États augmente.