
Les frappes américaines sur des installations iraniennes ont transformé le fragile cesse‑feu d’une semaine en une nouvelle escalade au cœur du détroit d’Ormuz, où la tension menace immédiatement les approvisionnements mondiaux en énergie.
Le commandement central des États‑Unis a déclaré avoir mené, samedi et dimanche, des frappes ciblées autour de la ville de Geruk et de l’île de Qeshm. Selon le même commandement :
« Les frappes mesurées et délibérées ont eu lieu en réponse à des actions agressives iraniennes, dont le tir d’un drone américain MQ‑1 Predator opérant en eaux internationales. Les avions de chasse américains ont rapidement éliminé les défenses aériennes iraniennes, une station de contrôle au sol et deux drones à attaque unidirectionnelle qui menaçaient les navires de transit. »
L’Iran a reconnu avoir lancé une riposte, bien que les lieux exacts n’aient pas été précisés. Le Koweït, qui abrite le commandement central de l’armée américaine au Moyen‑Orient, a signalé que ses systèmes de défense ont ouvert le feu tôt lundi matin pour intercepter des drones et missiles entrants. Le Corps des Gardiens de la Révolution, via l’agence IRNA, a affirmé que les forces américaines avaient visé une tour de télécommunication, insinuant que l’attaque américaine visait le Koweït.
Le détroit d’Ormuz, où circulait auparavant un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux, reste partiellement bloqué ; la moindre perturbation alimente la hausse des prix du carburant et suscite des craintes de pénurie d’engrais, la région produisant 30 % des engrais chimiques mondiaux. Au même moment, les États‑Unis ont tiré un missile sur la salle des machines d’un cargo gambien tentant de briser le blocus iranien.
Parallèlement, les négociations sur le programme nucléaire iranien continuent : le vice‑président JD Vance a indiqué que les parties cherchent à convenir de termes généraux, tandis que le porte‑parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a reproché aux Américains de « changer constamment de position ».
« L’Iran veut vraiment conclure un accord, et ce sera bon pour les États‑Unis et leurs alliés », a tweeté le président Donald Trump sur Truth Social, ajoutant « Asseyez‑vous, détendez‑vous, tout finira bien ».
Alors que les deux camps prétendent rester ouverts au dialogue, chaque échange d’artillerie risque de briser le fragile cesse‑feu et de pousser la région, déjà sous pression, vers une escalade incontrôlable.