
Des centaines de manifestants ont incendié voitures, un bus et plusieurs habitations à Belfast le 9 juin, déclenchant une nuit de troubles après une attaque au couteau qui a laissé gravement blessé un homme d’une quarantaine d’années.
Vers 19 h 30, des groupes masqués ont d’abord mis le feu à des poubelles avant de lancer des cocktails Molotov, a relaté Eemran, ingénieur d’origine indienne :
« Ils ont commencé à mettre le feu aux poubelles, puis ils ont lancé des cocktails Molotov. Tout d’un coup le feu a pris, nous avons eu de la fumée dans le bâtiment, et les pompiers nous ont demandé de sortir. »
Une résidente chilienne, Camila Flores, a ajouté :
« C’est un peu effrayant. Je comprends la colère des gens, mais on peut discuter de ces choses‑là de manière plus pacifique. »
Les incendies ont touché un bus, plusieurs voitures et plusieurs maisons ; un immeuble en périphérie du centre a dû être évacué. Les forces de l’ordre ont signalé « des foyers sporadiques de troubles » dans plusieurs quartiers de la capitale nord‑irlandaise.
La Première ministre nord‑irlandaise, Michelle O’Neill, a condamné les actes :
« Des groupes d’hommes masqués qui incendient des maisons où vivent des familles ne sont rien d’autre qu’un acte de lâcheté répugnant. Rien ne peut excuser ni justifier les attaques commises ce soir. »
Le commissaire adjoint de la police, Ryan Henderson, a précisé que la piste terroriste était exclue. Le suspect, identifié comme réfugié soudanais arrivé au Royaume‑Uni en 2023 via Paris puis Dublin et titulaire d’un permis valable jusqu’en 2028, a été inculpé de tentative de meurtre, de possession d’une arme blanche et de menaces de mort. Il doit comparaître le 10 juin. Selon la police, il aurait 30 ans.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a qualifié l’attaque « révoltante », tandis que des figures d’extrême droite comme Tommy Robinson et le dirigeant de X, Elon Musk, ont encouragé les rassemblements sur les réseaux sociaux. Au moins 21 personnes ont été interpellées, deux d’entre elles déjà condamnées à près de trois ans de prison pour troubles à l’ordre public.
Ces violences s’inscrivent dans une série de manifestations anti‑immigrés qui ont secoué l’Irlande du Nord depuis 2024, rappelant les émeutes de Southampton et les tensions politiques liées aux crimes raciaux.
Le climat de tension persiste, menaçant la stabilité du Nord‑Irlande.