
L'Union européenne a officiellement ouvert la première étape des négociations d'adhésion avec l'Ukraine, marquant un tournant historique après deux années de blocage diplomatique. Ce processus, qui concerne également la Moldavie, ouvre la voie à une intégration complexe au sein du bloc des 27.
Le processus était resté à l'arrêt en raison du veto opposé par le précédent gouvernement hongrois sous la direction de Viktor Orbán. La situation s'est débloquée avec l'arrivée au pouvoir du nouveau Premier ministre hongrois, Péter Magyar. Ce dernier a annoncé un accord avec Kiev concernant le renforcement des droits de la minorité ethnique hongroise en Ukraine, levant ainsi l'opposition de Budapest à l'ouverture des négociations.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié cette avancée de « pas de géant », saluant les réformes ukrainiennes en matière de lutte contre la corruption et de respect de l'État de droit. De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a souligné que cette décision envoie un « message clair » sur l'impossibilité d'arrêter les progrès européens.
L'intégration est structurée autour de six « clusters » regroupant 33 chapitres techniques. Le premier cluster, désormais ouvert, porte sur les « fondamentaux », incluant le système judiciaire et les institutions démocratiques. Les négociations exigent l'alignement total de l'Ukraine sur les standards européens.
Les sources présentent des nuances sur la temporalité du processus : alors que certains responsables évoquent un espoir d'adhésion d'ici 2030, des diplomates estiment que la perspective d'une intégration rapide n'a jamais été réaliste, soulignant qu'une finalisation serait impossible tant que le pays est en guerre contre la Russie.
Face aux défis posés par l'élargissement, plusieurs pistes sont explorées pour accélérer le rapprochement, notamment la création d'un statut de « membre associé » sans droit de vote, une proposition portée par le chancelier allemand Friedrich Merz. Cette idée suscite toutefois la méfiance de Kiev, qui craint d'être relégué à un statut de second rang au lieu d'intégrer pleinement l'Union.
L'Ukraine devra désormais démontrer une conformité rigoureuse avec les standards de l'UE pour espérer franchir les étapes successives d'un processus qui, historiquement, se compte en décennies.