
L’Ukraineuse Oleksandra Oliynykova a transformé sa sortie du troisième tour du Roland‑Garros en tribune politique, dénonçant ouvertement les joueurs russes qui, selon elle, profitent de la scène internationale pour légitimer l’invasion de son pays.
Le 1er juin 2024, Oliynykova s’est inclinée en deux sets contre la russe Diana Shnaider. Dès la défaite, la jeune Ukrainienne a rappelé que, depuis l’offensive de février 2022, les athlètes russes et biélorusses évoluent sur le circuit sans drapeau national, mais continuent de participer à des tournois sponsorisés par des entreprises liées à l’effort de guerre.
« Les joueurs russes ne veulent pas communiquer. Ils ont ces croyances horribles. Il faut que le tennis cesse de les accepter. »
Oliynykova a insisté que le silence du sport face à la guerre est « dangereux » et a demandé l’instauration d’un mécanisme de sanction sur le circuit pour les athlètes diffusant ou soutenant la propagande russe.
« Si je reste muette… je ne vois aucun sens à être ici. La mission du sport est d’unir les gens pour de bonnes raisons. »
Shnaider, quant à elle, a refusé de commenter les accusations, évoquant simplement son passage dans des tournois d’exposition en Russie pour retrouver sa famille :
« Je n’ai rien vu de ses propos et je n’ai aucun commentaire à faire sur les réseaux sociaux. »
Parallèlement, le tournoi a offert d’autres moments forts : Aryna Sabalenka a confirmé son statut de numéro 1 mondial avec une victoire 6‑0 7‑5 sur Daria Kasatkina, marquant son 100ᵉ victoire en simple et la plaçant parmi les légendaires du classement WTA. Naomi Osaka a triomphé d’Iva Jovic en trois sets, tandis que Coco Gauff, favorite, a été éliminée par Anastasia Potapova. La française Diane Parry a également surpris en battant Amanda Anisimova.
Ces réactions soulignent le dilemme croissant du sport face aux conflits géopolitiques : concilier la neutralité affichée des organisations avec les exigences morales des athlètes. La polémique d’Oliynykova pourrait bien pousser la WTA à réexaminer ses règles de participation.
Le débat n’est pas fini, mais le message est clair : le tennis ne peut plus ignorer les échos de la guerre.