Les frappes aériennes pakistanaises de la nuit dernière ont brisé le calme fragile qui s’était installé le long de la frontière afghane‑pakistanaise, faisant au moins 12 victimes civiles.
Le porte‑parole taliban, Zabihullah Mujahid, a annoncé sur X :
« Hier soir, l’armée pakistanaise a de nouveau violé l’espace aérien afghan et bombardé des habitations civiles dans les provinces de Kunar, Khost et Paktika. Ces attaques ont tué 11 enfants, une femme et un homme âgé. »
Dans le district de Spera (province de Khost), une frappe sur une maison aurait fait neuf morts et dix blessés, selon un responsable local anonyme. Un habitant de la province voisine de Paktika a indiqué qu’une autre bombe a touché une maison du district de Barmal, causant trois décès, tous des enfants. Les autorités pakistanaises n’ont pas encore commenté les incidents.
Ces coups sont les plus meurtriers depuis plusieurs semaines. Après des affrontements sporadiques, un relatif calme s’était rétabli fin février, quand une guerre ouverte avait éclaté entre les deux pays. Selon un rapport de l’ONU publié mi‑mai, 372 civils afghans ont été tués entre le 1er janvier et le 31 mars, principalement à la suite de tirs et de bombardements transfrontaliers.
Les relations se sont détériorées depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021. Islamabad accuse Kaboul d’abriter les combattants du Tehrik‑i‑Taliban Pakistanais (TTP), responsable d’attentats meurtriers au Pakistan, accusation que les autorités afghanes réfutent. Le Pakistan affirme que ses frappes visent exclusivement ces militants et non les civils, mais les victimes récentes soulignent le lourd coût humain du conflit.
Alors que la frontière demeure largement fermée, le commerce bilatéral reste paralysé, et la communauté internationale suit de près l’escalade des violences. Chaque nouvelle frappe rappelle que la paix reste une illusion fragile.