
Les frappes réciproques entre l’Iran et les forces américaines ont déclenché l’une des plus fortes escalades depuis le cesse‑feu d’avril, menaçant de faire basculer le fragile statu quo du détroit d’Ormuz.
Après que les États‑Unis aient mené, pendant près de quatre heures, des frappes ciblant des systèmes de défense aérienne, des stations de contrôle et des radars iraniens près du détroit, la Garde Révolutionnaire iranienne a annoncé avoir riposté contre la base américaine d’al‑Azraq en Jordanie et 21 autres cibles dans le Golfe. Elle a indiqué que quatre sites — hangars d’avions F‑35, centre de commandement et autres installations — avaient été frappés par des missiles à longue portée.
« Je crois que la réponse doit être très forte, très puissante, et c’est exactement ce que c’est », a déclaré Donald Trump à ABC News.
La Jordanie a confirmé avoir abattu cinq missiles, les débris étant tombés sur son territoire sans provoquer de victimes ni de dégâts matériels. Le Koweït et Bahreïn ont également signalé des interceptions et ont lancé des alertes à la population. Un hélicoptère Apache américain a été abattu par un drone kamikaze iranien ; les deux pilotes ont été secourus par un drone de surface de la marine américaine après deux heures en mer, et restent en « bonne condition », selon le Pentagone, qui n’a pas expliqué la cause de l’incident.
Les marchés pétroliers ont réagi immédiatement, le prix du brut augmentant d’environ 1 % lors des premières transactions en Asie. La communauté internationale redoute que cette tournure complique les pourparlers de paix qui, selon Trump, sont « à deux ou trois jours » d’un accord, même si aucune avancée concrète n’a été signalée depuis le cesse‑feu.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a averti que les forces étrangères « risquent de se retrouver impliquées dans des accidents ou des échanges de tirs », ajoutant :
« Pour réduire le risque, la meilleure solution est qu’ils partent ».
Alors que l’Iran maintient ses restrictions sur la quasi‑totalité du trafic maritime du détroit, où circulait auparavant un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux, les États‑Unis imposent à leur tour un blocus des ports iraniens. Le secrétaire à l’Énergie américain, Chris Wright, indique que le trafic maritime augmente « très significativement », mais que le rétablissement des flux normaux prendra plusieurs mois après la fin du conflit.
La situation reste tendue, chaque nouveau tir renforçant le doute sur la capacité des deux parties à retrouver rapidement la stabilité dans une région déjà en feu.