
Les nouvelles sanctions de l’UE contre l’Iran marquent une première audacieuse : l’Union européenne utilise pour la première fois son nouveau régime de « liberté de navigation » afin de répondre à la crise du détroit d’Hormuz.
Le détroit d’Hormuz, qui transporte environ un cinquième du pétrole mondial, est partiellement fermé depuis que l’Iran a imposé des restrictions à la suite des hostilités entre les États‑Unis et Israël. La Hormozgan Provincial Command de la Marine des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a pris le contrôle du passage, instaurant un système de péage où chaque navire doit fournir ses documents d’identification, son cargaison et sa destination, et parfois payer avant d’être autorisé à transiter. Selon le Conseil de l’UE, le commandement a même menacé d’utiliser des missiles ou des drones contre les bateaux qui traverseraient le détroit.
L’UE a donc inscrit sur sa liste blanche Mohammad Akbarzadeh, adjoint du commandement politique de la Marine IRGC et porte-parole, ainsi que Hamid Hosseini, représentant de l’Union des exportateurs d’hydrocarbures et de produits pétrochimiques d’Iran. Les mesures prévoient le gel des avoirs, l’interdiction de recevoir des fonds ou des ressources, ainsi que des restrictions de voyage. Au total, le régime sanctionnaire couvre désormais 26 personnes et 27 entités liées aux actions iraniennes au Moyen‑Orient.
« Les actions de l’Iran sont inacceptables. C’est la première fois que l’UE applique son nouveau régime de liberté de navigation et, si nécessaire, nous le réappliquerons », a déclaré Kaja Kallas, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, lors d’une conférence à Chypre.
Le député au ministère des Affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi, a qualifié la décision « politique et hypocrite », affirmant que l’Iran poursuivra sa stratégie de souveraineté sur le détroit.
Ces sanctions, annoncées le 8 juin 2026, s’inscrivent dans un effort plus large de l’UE pour faire respecter la résolution 2817 du Conseil de sécurité de l’ONU et garantir la sécurité maritime. Elles pourraient également préparer une future mission navale européenne, envisagée par la France et le Royaume‑Uni, dès que les hostilités se calmeront.
La tension persiste, mais l’Europe montre désormais qu’elle est prête à mettre le cap sur la défense du commerce maritime mondial.