
Six nations occidentales — le Royaume-Uni, l'Australie, le Canada, la France, la Nouvelle-Zélande et la Norvège — ont annoncé des sanctions coordonnées le 9 juin 2026 pour cibler les réseaux financiers facilitant la violence des colons israéliens en Cisjordanie occupée. Cette mesure marque un tournant stratégique : au lieu de se concentrer uniquement sur des individus, ces pays visent désormais les infrastructures organisationnelles et financières qui permettent à ces activités de perdurer.
Le Royaume-Uni a notamment imposé des gels d'avoirs à six entités et un individu. Parmi ces entités figure une association accusée de soutenir financièrement des fermes et des avant-postes liés à des actes violents. Parallèlement, le gouvernement britannique a renforcé ses directives, conseillant explicitement aux entreprises britanniques de s'abstenir de toute activité économique dans les colonies illégales.
La France a adopté des mesures supplémentaires en interdisant d'entrée sur son territoire 26 individus, dont le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich. Ce dernier est critiqué pour son rôle dans l'expansion des colonies et la promotion de l'annexion de la Cisjordanie. La Norvège a également pris des mesures similaires en interdisant l'accès à 20 colons violents.
Les gouvernements impliqués justifient cette coalition par une augmentation notable de la violence depuis le début du conflit à Gaza en octobre 2023. Selon des données citées dans les sources, les attaques de colons contre des communautés palestiniennes ont connu une hausse significative, avec 1 835 incidents documentés par l'ONU en 2025.
Les sources présentent des nuances quant à l'efficacité de ces sanctions. Alors que les gouvernements alliés voient dans ces mesures un levier pour responsabiliser les acteurs impliqués, des organisations comme Amnesty International estiment que ces actions sont insuffisantes, qualifiant de "pathétique" le simple conseil aux entreprises sans conséquences réelles pour les architectes politiques de la colonisation.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a fermement rejeté ces sanctions, les qualifiant de mesures « honteuses » et d'actes politiques « camouflés en mesures contre la violence ». Malgré ces protestations, les six pays ont prévenu qu'ils étaient prêts à adopter d'autres mesures si la situation sur le terrain ne s'améliorait pas, soulignant que, dans certains cas, la violence des colons bénéficie de la protection des forces de sécurité israéliennes.
La question de la responsabilité financière et politique des réseaux de colonisation demeure au cœur de cet affrontement diplomatique.