
Les deux ministres les plus controversés d’Israël, Itamar Ben‑Gvir (sécurité nationale) et Bezalel Smotrich (finance), viennent d’être interdits d’entrée en Irlande. L’annonce, faite par le Taoiseach Micheál Martin lors du sommet UE‑Balkans à Tivat, a immédiatement fait le tour des capitales.
Martin a indiqué que le ministre de la Justice, Jim O’Callaghan, avait donné l’ordre aux services d’immigration d’empêcher tout voyage de ces deux responsables israéliens sur le territoire irlandais. La mesure, prise hors du cadre d’une réunion du cabinet, repose sur leurs « comportements et déclarations » que le Premier ministre a qualifiés de « désir d’éliminer les Palestiniens du territoire palestinien ».
« À mon avis, leur comportement justifie des sanctions au niveau de l’UE également, et c’est quelque chose que nous allons soulever. »
— Micheál Martin
Le bannissement s’inscrit dans une vague de mesures similaires : l’Irlande devient le neuvième pays à refuser l’entrée à Ben‑Gvir et Smotrich, après le Royaume‑Uni, l’Australie, le Canada, la Nouvelle‑Zélande, la Norvège, la Slovénie, les Pays‑Bas et l’Espagne. La décision intervient après la diffusion d’une vidéo dans laquelle Ben‑Gvir se moquait d’activistes détenus à bord d’une flottille d’aide à Gaza, une provocation qui a déjà suscité des condamnations au sein même du gouvernement israélien.
Martin a appelé l’Union européenne à adopter des sanctions plus larges contre les deux ministres, tout en reconnaissant que le soutien de l’ensemble des 27 États membres reste incertain. Selon des sources de Bruxelles, l’Allemagne pourrait soutenir une sanction contre Ben‑Gvir mais hésiterait pour Smotrich, tandis que la République tchèque s’oppose à toute sanction, ce qui complique l’obtention d’un consensus.
Parallèlement, l’Irlande se prépare à prendre la présidence tournante du Conseil de l’UE, avec pour priorité le renforcement de l’élargissement européen et l’avancement du processus d’adhésion du Monténégro. Le gouvernement irlandais utilise ainsi cette mesure symbolique pour souligner son engagement en faveur des droits humains et de la diplomatie multilatérale.
Cette interdiction marque un tournant : l’Irlande ne se contente plus de dénoncer, elle bloque concrètement les acteurs qu’elle juge responsables de la détérioration du droit international en Palestine.