
L’armée taïwanaise a procédé cette semaine à des tirs de roquettes en direction de la Chine à l’aide de lanceurs mobiles, dans le cadre d’un exercice visant à simuler une réponse à une invasion. Bien que le système américain HIMARS (High Mobility Artillery Rocket System) ait déjà été testé par le passé, il s'agit de la première fois que ces roquettes sont tirées directement dans les eaux du détroit de Taïwan.
L'exercice a mis en avant la mobilité des unités, capables de manœuvrer et de lancer des tirs en moins de trois minutes, une tactique dite de « tirer et fuir » (shoot-and-scoot). L’armée a précisé que des roquettes d’entraînement à portée réduite ont été utilisées, tombant dans la mer peu après le lancement. Ces manœuvres, qui comprenaient également l'usage de pièces d'artillerie de 155 mm, ont eu lieu sur la côte ouest de l'île.
Le sergent Wang Ming-hui a souligné la détermination des forces armées face au climat sécuritaire actuel :
« En raison de la menace ennemie actuelle, nous poursuivrons l’entraînement aux HIMARS avec une détermination inébranlable pour protéger Taïwan en tant que force la plus puissante de la nation. »
Alexander Yui, représentant de Taïwan aux États-Unis, a justifié le choix de la direction des tirs lors d'un échange avec CNN : « Nous sommes une île ; nous ne pouvons tirer qu'à l'est ou à l'ouest, et ils ont choisi l'ouest. »
La Chine, qui considère Taïwan comme une province renégate destinée à être un jour sous son contrôle, multiplie les incursions aériennes et navales près de l'île. Si les États-Unis ne reconnaissent pas officiellement Taïwan comme un État indépendant, ils demeurent son principal fournisseur d'armement et s'opposent à toute modification du statut de l'île par la force.
L'avenir de l'équipement militaire taïwanais reste toutefois incertain. Un contrat prévoyant la vente de 82 unités HIMARS supplémentaires, annoncé en décembre, semble suspendu à la suite d'entretiens diplomatiques récents entre le président américain Donald Trump et le dirigeant chinois Xi Jinping. Ces exercices illustrent les enjeux stratégiques majeurs dans une région où les capacités de déploiement rapide et de frappe de précision sont devenues le pilier de la défense taïwanaise.