
Le ministère britannique de la Défense a confirmé la saisie du pétrolier Smyrtos, un navire battant pavillon camerounais suspecté d'appartenir à la « flotte fantôme » russe, lors d'une opération menée au large de la Manche. L'intervention, qui a duré six heures, a mobilisé les Royal Marines, des agents de la National Crime Agency, des hélicoptères Chinook, un navire de guerre et un chasseur de mines.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a salué cette opération sur le réseau social X : « Cette opération réussie porte un nouveau coup à la Russie et rappelle à ceux qui alimentent la guerre de [Vladimir] Poutine en Ukraine que nous ne les laisserons pas se cacher. »
Selon le ministère de la Défense, le Smyrtos avait quitté le port russe d'Ust-Luga le 5 juin avec pour destination Port-Saïd, en Égypte. Le navire doit être transféré vers un mouillage au large de la côte sud de l'Angleterre pour y être surveillé, notamment pour des raisons environnementales et de sécurité.
Le secrétaire à la Défense, Dan Jarvis, a souligné l'importance de cette saisie : « La Russie s'appuie sur sa flotte fantôme pour financer son conflit en Ukraine, et notre interception porte un coup à la guerre illégale de Poutine. » Le président ukrainien, Volodymyr Zelenskyy, a pour sa part appelé les partenaires européens à durcir leur législation, suggérant non seulement la détention des navires, mais aussi la confiscation des cargaisons de pétrole.
Cette saisie s'inscrit dans une campagne plus large visant à entraver la « flotte fantôme », composée de centaines de navires que la Russie utiliserait pour contourner les sanctions internationales. Le Royaume-Uni a déjà sanctionné plus de 500 navires à ce jour.
Bien que le ministère de la Défense affirme que ces mesures ont contribué à une baisse de 24 % des revenus pétroliers et gaziers russes en 2025 par rapport à l'année précédente, le président russe Vladimir Poutine a publiquement qualifié la capture de navires liés à la Russie d'acte de « piraterie ».
Des incidents similaires ont été enregistrés par le passé, notamment l'arraisonnement du pétrolier Grinch par les forces françaises en janvier, suivi de la détention du navire Deyna à Marseille en mars. La répression contre ces navires reste un levier central des efforts occidentaux pour limiter les ressources financières alimentant l'effort de guerre russe.