Plusieurs anciens généraux américains et un ex-directeur d'une agence de renseignement des États-Unis ont affirmé à CBS News que l'Ukraine semble désormais avoir l'avantage dans le conflit qui l'oppose à la Russie.
Cette évaluation intervient alors que le général ukrainien Oleksandr Syrski a annoncé cette semaine que son armée a repris 600 kilomètres carrés de territoire cette année. Bien que la localisation précise des gains n'ait pas été divulguée, il a précisé que les combats les plus intenses se déroulaient dans le sud-est du pays, près d'Oleksandrivka et de Huliaipole.
Selon des experts militaires, le succès récent de l'Ukraine repose sur l'évolution de ses capacités de frappe par drones. Le président Volodymyr Zelenskyy a indiqué que les drones à vue à la première personne (FPV) sont désormais responsables de plus de 90 % des pertes russes. Depuis 2024, l'usage de drones à longue portée et de missiles de croisière a également permis de viser des bases militaires russes situées à plus de 965 kilomètres (600 miles) des frontières ukrainiennes.
Rob Lee, analyste militaire basé en Ukraine, souligne que l'armée ukrainienne a surmonté ses lacunes antérieures concernant la portée de ses frappes :
« L'Ukraine manquait de cette capacité l'année dernière, celle de frapper des cibles situées à 50 ou 100 kilomètres au-delà de la ligne de front. Désormais, ils le font très souvent, pratiquement tous les jours. »
En ciblant les centres logistiques, les dépôts de munitions et les postes de commandement, l'Ukraine cherche à dégrader les capacités russes avant même qu'elles n'atteignent le front.
Malgré cet ascendant, des experts comme le lieutenant-général à la retraite Robert Ashley et Rob Lee tempèrent ces résultats, soulignant que les victoires sur le terrain restent fragiles et réversibles.
« La situation s'est améliorée pour l'Ukraine, mais je ne pense pas que nous assisterons à une percée majeure », a déclaré Rob Lee.
Le général à la retraite Joseph Ralston estime pour sa part qu'aucune des deux parties ne parvient à prendre le dessus de manière décisive, la Russie manquant de puissance pour conquérir tout le territoire visé sans recourir à l'arme nucléaire, tandis que l'Ukraine n'a pas les moyens de reprendre l'intégralité des zones perdues. Malgré cette impasse, les experts s'accordent sur un point : la détermination des deux camps à poursuivre le combat rend toute perspective de cessez-le-feu improbable dans un avenir proche.