Le 4 juin 2024, le sénateur américain Marco Rubio a rappelé les victimes de la répression de Tiananmen 37 ans après les faits, déclenchant une vive réprobation de Pékin.
Le 4 juin 1989, l’armée chinoise a évacué la place Tiananmen, mettant brutalement fin à des semaines de manifestations pro‑réforme. Le nombre exact de morts reste indéterminé ; les autorités de l’époque évoquaient « 200 à 300 » personnes, d’autres estimations parlent de 400 à plus de 2 000 victimes.
Dans un communiqué, Rubio a déclaré :
« Aucune censure ne peut effacer le passé. Ceux qui se sont sacrifiés pour défendre leurs droits inaliénables à la liberté d’expression et de réunion pacifique obtiendront un jour gain de cause. »
Mao Ning, porte‑parole du ministère des Affaires étrangères, a vivement critiqué ces propos :
« Les propos de M. Rubio déforment les faits historiques, dénigrent le système politique et la voie de développement de la Chine, et s’ingèrent dans ses affaires intérieures. Nous exhortons la partie américaine à mettre fin à ses manœuvres de confrontation idéologique et à cesser ses ingérences sous prétexte de démocratie et de droits humains. »
Pékin a ainsi qualifié les remarques de « dénigrantes » et a appelé le sénateur à cesser « les manœuvres de confrontation idéologique ». La Chine rappelle que les manifestations de 1989 furent alors définies comme une « émeute contre‑révolutionnaire » menée par une « petite minorité ».
Parallèlement, les autorités hongkongaises ont massivement déployé des policiers autour du parc Victoria, lieu historique de la veillée aux chandelles du 4 juin. Plusieurs manifestants, dont une femme affichant les chiffres « 6 » et « 4 », ont été interpellés, illustrant la volonté de la Chine de restreindre toute mémoire publique de l’événement.
Cette nouvelle dispute diplomatique montre à quel point le souvenir de Tiananmen demeure un point sensible, à la fois pour les défenseurs des droits humains et pour le gouvernement chinois qui cherche à effacer le débat.