
Le 23 juin 2016, le Royaume-Uni a voté en faveur d'une sortie de l'Union européenne à 52 % contre 48 %. Ce résultat, qui a provoqué la démission du Premier ministre David Cameron, a ouvert une décennie de bouleversements politiques et économiques majeurs. Si le Brexit a été officiellement concrétisé en 2020 par le Premier ministre Boris Johnson, les répercussions de ce choix continuent d'influencer le quotidien des Britanniques.
Sur le plan financier, le Brexit a pesé sur la croissance nationale. Le professeur Nicholas Bloom, de l'université de Stanford, estime que le processus a réduit le PIB britannique de 6 à 8 % d'ici 2025. Cette contre-performance s'explique, selon lui, par « une combinaison d'incertitudes accrues, d'une demande réduite, d'un temps de gestion détourné et d'une mauvaise allocation des ressources ».
La monnaie britannique reflète également ces difficultés : la livre sterling a chuté après le référendum et oscille généralement à 10 % en dessous de sa valeur de juin 2016. Cette faiblesse a renchéri le coût des importations, incluant l'énergie et les denrées alimentaires, impactant directement le coût de la vie. Parallèlement, le marché boursier peine à convaincre, le FTSE 100 et le FTSE 250 restant atones par rapport aux gains observés sur les marchés américains. Chris Smith, gestionnaire d'investissements chez Jupiter, souligne que « le marché boursier britannique porte encore les cicatrices d'une décision qui a pesé sur la confiance des entreprises et des investisseurs ».
Bien que la campagne du « Vote Leave » ait promis de reprendre le contrôle des frontières, la réalité s'est révélée complexe. Le système post-Brexit a favorisé une hausse de l'immigration non européenne, compensant les pénuries de main-d'œuvre, tandis que l'immigration en provenance de l'UE est devenue négative en 2022.
La stabilité gouvernementale a été l'autre grande victime de ce processus. Aucun Premier ministre n'a occupé le poste plus de trois ans depuis le référendum, l'un d'eux n'ayant duré que 49 jours. Récemment, le Premier ministre Keir Starmer a démissionné face à un défi interne, ouvrant la voie à la nomination du septième chef de gouvernement en une décennie. Dix ans après le vote, le Brexit demeure un sujet structurant qui continue d'imposer des défis persistants au paysage politique et économique du Royaume-Uni.