
Les États‑Unis envisagent d’utiliser les avoirs iraniens pour financer la reconstruction des dommages infligés aux alliés du Golfe, une décision qui pourrait ajouter une nouvelle source de tension à un cesse‑feu déjà fragile.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a chargé une équipe d’évaluer les coûts des dégâts déjà causés par l’Iran à Koweït et Bahreïn et d’examiner la possibilité d’affecter les actifs iraniens à la fois aux réparations passées et à d’éventuels dommages futurs.
« Le Trésor utilisera tous les outils disponibles afin que les actifs iraniens soient mis à la disposition de nos alliés du Golfe pour soutenir la reconstruction et les réparations de tout futur dommage causé par l’Iran », a déclaré la source proche de Bessent.
Cette mesure intervient un jour après que le conseiller du Guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a indiqué à CNN que tout accord de paix dépendait de la libération de 24 milliards de dollars d’actifs iraniens gelés par les États‑Unis.
Des frappes américaines ont ciblé des radars iraniens sur les îles Goruk et Qeshm, suivies de tirs de drones que le commandement central américain a jugés menaçants pour le trafic maritime. En représailles, la Garde révolutionnaire a lancé des missiles balistiques vers les bases américaines à Koweït et Bahreïn ; le Koweït a intercepte six missiles et un a manqué sa cible.
Parallèlement, le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, s’est rendu à Téhéran avec une « lettre spéciale » destinée au Guide suprême Mojtaba Khamenei, soulignant le rôle de le Pakistan comme médiateur. Les pourparlers indirects entre Washington et Téhéran restent au point mort, et aucune solution n’a encore été trouvée.
Le président Donald Trump, sous la pression de la hausse des prix du carburant, a affirmé à NBC que l’Iran ne disposait plus que d’une fraction de son arsenal :
« Ils ont quelques missiles, ils ont quelques drones. Je dirais qu’en pourcentage, peut‑être 21 % à 22 % de leurs missiles. C’est beaucoup, mais ce n’est plus ce que c’était au début de l’attaque ».
Si Washington mobilise les fonds iraniens, cela pourrait être perçu par Téhéran comme une violation supplémentaire du cesse‑feu, compliquant davantage les négociations en cours. Le conflit continue de faire grimper les prix du pétrole et de perturber les chaînes d’approvisionnement, tandis que les combats se prolongent également au Liban, où une frappe israélienne a fait deux victimes dans l’armée libanaise.
L’avenir du programme de redirection des actifs iraniens reste donc incertain, tout comme celui d’une résolution diplomatique au cœur d’une région en pleine tourmente.