
L’armée libanaise a franchi hier les rues de Dibbin, petite ville frontalière du sud, après avoir confirmé le retrait complet des troupes israéliennes, marquant une avancée concrète dans le processus de cessez‑feu soutenu par les États‑Unis.
Dans un communiqué, les forces armées ont indiqué que leurs ingénieurs avaient d’abord démonté les barrières de terre érigées par les soldats israéliens le long de la route menant à la ville. Des pelotons, accompagnés de bulldozers, ont progressé sur la voie Marjayoun‑Dibbin‑Ibl al‑Saqi avant d’entrer dans le bourg. En coordination avec le dispositif de suivi du cessez‑feu et les casques bleus de UNIFIL, l’armée a commencé un déploiement progressif autour de Dibbin, tout en menant des relevés et le déminage des engins explosifs non explosés laissés sur le terrain. Les autorités ont exhorté les habitants à ne pas s’approcher des zones concernées et à suivre les consignes militaires jusqu’à la fin de l’opération.
Cette manœuvre intervient un jour après l’annonce par Washington d’un accord de cessez‑feu conditionnel entre le Liban et Israël. Le président libanais Joseph Aoun a indiqué que la mise en œuvre pourrait débuter dans les 24 heures suivant l’approbation finale de toutes les parties et la réception de garanties de conformité. Malgré cet élan, les frappes aériennes et les attaques de drones israéliennes se poursuivent dans le sud et l’est du Liban, ciblant les districts de Nabatieh, Bint Jbeil, Tyr et Saïda, dont une frappe nocturne à Al‑Ghaziyeh. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que les opérations militaires ne s’arrêteraient pas immédiatement et que les forces israéliennes resteraient déployées tant que le Hezbollah ne mettrait pas fin aux tirs vers le « nord d’Israël » et ne retirerait pas ses combattants au sud du Litani, tout en maintenant le droit d’action soutenu par les États‑Unis.
Entre le 2 mars et le 3 juin, le ministère de la Santé libanais estime que le conflit a fait 3 526 morts et 10 733 blessés.
Le pas de l’armée libanaise à Dibbin montre une volonté de concrétiser le cessez‑feu, mais la situation reste fragile, suspendue entre promesses diplomatiques et violences persistantes.